Périmètre

Nous nous intéressons ici à l’expansion du parc, en particulier aux nouveaux réacteurs en Europe et en Amérique du Nord. Nous ne prétendons ni que l’énergie nucléaire est fortement carbonée, ni que tous les réacteurs existants doivent fermer maintenant. La poursuite de l’exploitation et les prolongations de durée de vie doivent être évaluées au cas par cas.

Les arguments en faveur du nucléaire

L’énergie nucléaire présente de véritables avantages qu’une évaluation équitable doit prendre en compte.

Nous ne contestons pas ces avantages. Il faut déterminer s’ils compensent les délais de construction, le risque financier et les obligations à long terme d’un nouveau projet donné, et si ce projet obtient de meilleurs résultats que des solutions de remplacement réalistes.

  • Ses émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie sont faibles.
  • Les réacteurs fournissent une électricité largement indépendante de la météo et affichent souvent une disponibilité annuelle élevée.
  • Leur emprise au sol est relativement faible au regard de la quantité d’électricité produite.
  • L’uranium est compact et plus facile à stocker que le gaz naturel.

Quand le nucléaire peut se justifier

L’énergie nucléaire peut être un choix raisonnable lorsque les conditions propres à un site sont réunies.

  1. Une centrale existante et sûre peut poursuivre son exploitation à un coût acceptable.

  2. Un pays construit à plusieurs reprises le même modèle éprouvé, avec une main-d’œuvre qualifiée, des fournisseurs établis et une autorité de contrôle expérimentée.

  3. Une comparaison indépendante de l’ensemble du système montre que le réacteur peut atteindre l’objectif climatique à temps et à un coût total compétitif.

  4. Le financement, la responsabilité, l’approvisionnement en combustible, le démantèlement et la gestion des déchets sont organisés de manière transparente pour toute la durée de vie.

Le dossier complet

Les délais de construction et le financement sont au cœur de l’argumentation. Les autres fiches examinent les questions liées au système, les obligations à long terme et les risques supplémentaires.

  1. Argument central Coût

    Les nouveaux réacteurs font peser le risque sur les contribuables et les investisseurs

    Les nouveaux réacteurs de grande taille mobilisent des sommes énormes dès le départ, puis accumulent des frais de financement pendant des années avant de vendre le moindre kilowattheure. L’IPCC a constaté que les projets de tête de série en Amérique du Nord et en Europe avaient demandé plus de 13 ans de construction et coûté trois à quatre fois leur budget initial.

    Les réacteurs modernes peuvent techniquement adapter leur production aux variations de la demande. L’OCDE/AEN considère néanmoins que le fonctionnement continu en base reste le mode le plus économique : réduire la production diminue les ventes d’électricité, tandis que l’essentiel des coûts de financement et des coûts fixes d’exploitation demeure.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Lorsque les budgets climatiques sont limités, la priorité devrait aller aux projets dont les coûts et les dates d’achèvement sont plus fiables.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Les réacteurs existants constituent un cas distinct et peuvent être compétitifs. Le bilan des constructions varie aussi selon les régions. Les projets standardisés d’Asie de l’Est ont été plus rapides. Les dépassements ne sont donc pas inévitables. Une exploitation nucléaire flexible est techniquement possible et peut contribuer à l’équilibre du réseau.

    Sources (4)
    1. IPCC AR6 WGIII, Chapter 6: Energy Systems La section 6.4.2.4 traite des durées de construction, des dépassements de projet, de l’investissement initial et des contre-exemples régionaux.
    2. IEA, The Path to a New Era for Nuclear Energy (2025) Le résumé analytique traite du financement, du risque de réalisation, de la concentration du cycle du combustible et des scénarios conditionnels relatifs aux SMR.
    3. IEA, Nuclear Power and Secure Energy Transitions (2022) Le résumé analytique évalue l’intérêt économique de la prolongation des réacteurs existants séparément des nouvelles constructions.
    4. OECD/NEA, Technical and Economic Aspects of Load Following with Nuclear Power Plants (2021) Le résumé et le rapport expliquent que les réacteurs peuvent adapter leur charge, tandis que le fonctionnement continu en base reste le mode le plus simple et le plus économique.
  2. Argument central Délais

    La durée de construction compte pour le climat

    Un réacteur ne commence à éviter des émissions qu’une fois raccordé au réseau et en production. L’IPCC fait état de cinq à six ans pour de nombreuses constructions récentes en Asie de l’Est, mais de plus de 13 ans pour les projets de tête de série en Amérique du Nord et en Europe.

    La réalisation dépend aussi de travailleurs spécialisés et de fournisseurs dont les capacités ne peuvent pas être accrues du jour au lendemain. Dans l’enquête 2025 de l’IEA, plus de la moitié des organisations du secteur de l’énergie ont signalé de graves difficultés de recrutement ; dans les métiers du nucléaire, 1,7 travailleur approchait de la retraite pour chaque jeune entrant.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Si des moyens éprouvés de produire une électricité propre peuvent être construits plus tôt, le nouveau nucléaire contribuera moins à réduire les émissions à court terme.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Un programme nucléaire standardisé disposant d’une chaîne d’approvisionnement bien établie pourrait néanmoins être utile à plus long terme. Notre propos porte sur ce qu’il faut construire en premier, et non sur la valeur d’un réacteur pendant toute sa durée de vie.

    Sources (3)
    1. IPCC AR6 WGIII, Chapter 6: Energy Systems La section 6.4.2.4 traite des durées de construction, des dépassements de projet, de l’investissement initial et des contre-exemples régionaux.
    2. IEA, The Path to a New Era for Nuclear Energy (2025) Le résumé analytique traite du financement, du risque de réalisation, de la concentration du cycle du combustible et des scénarios conditionnels relatifs aux SMR.
    3. IEA, World Energy Employment 2025, Executive Summary Le résumé analytique fait état de difficultés de recrutement, de pénuries en ingénierie nucléaire et du ratio de 1,7 travailleur proche de la retraite pour un jeune entrant dans les métiers du nucléaire.
  3. Critère de décision Fiabilité

    Plusieurs réacteurs d’un parc nucléaire peuvent être indisponibles en même temps

    Les réacteurs affichent souvent une disponibilité annuelle élevée. Ils ne sont pas à l’abri de défaillances de cause commune. En 2022, les contrôles liés à la corrosion sous contrainte, les réparations et le retard accumulé dans la maintenance ont ramené la disponibilité moyenne du parc français à 54 %, contre 73 % en 2015–2019.

    La chaleur a créé une autre contrainte commune en juin et juillet 2026. Les limites réglementaires concernant le réchauffement des cours d’eau et les rejets thermiques ont rendu certains réacteurs français en bord de rivière totalement ou partiellement indisponibles. RTE a mesuré une perte de disponibilité effective atteignant environ 8 GW fin juin et environ 9 GW vers la mi-juillet.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Un réseau comptant de nombreux grands réacteurs similaires doit disposer de réserves, d’interconnexions et de moyens de remplacement suffisants pour faire face à des indisponibilités rares mais importantes.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    La France a assuré l’alimentation électrique en 2022, puis le parc nucléaire s’est rétabli. RTE indique une disponibilité de 74,0 % et une production nucléaire de 373,0 TWh en 2025, proches des niveaux d’avant-crise. Selon RTE, la perte de production liée à la chaleur en 2026 est restée limitée par rapport à la production totale du parc, et la France a conservé des marges positives. Le degré d’exposition varie selon le site et le système de refroidissement.

    Sources (3)
    1. RTE, French Annual Electricity Review 2025 La section sur le nucléaire indique une disponibilité du parc de 54 % en 2022 et de 74,0 % en 2025, une production de 373,0 TWh en 2025, les causes et les conséquences pour le système électrique.
    2. RTE, First-Half 2026 Electricity System Review PDF p. 22–23, après la figure 10, traite de la perte de disponibilité nucléaire effective liée à la chaleur en juin et juillet, des limites de rejet thermique et des marges du système.
    3. IAEA PRIS, World Trend in Energy Availability Factor Données mondiales sur la disponibilité des réacteurs. Consulté le 16 juillet 2026.
  4. Critère de décision Réserves réseau

    La défaillance d’un grand réacteur devient un événement pour tout le réseau

    Les réseaux électriques maintiennent des réserves rapides pour faire face à leur plus grande perte soudaine crédible. Dans son document d’appui de 2013, ENTSO-E a fondé l’incident de référence de 3,000 MW pour l’Europe continentale sur deux unités nucléaires de 1,500 MW. Une étude britannique de 2025 a conclu que Hinkley Point C pouvait créer une défaillance allant jusqu’à 1,8 GW, contre 1,32 GW pour Sizewell B.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Plus un bloc de production est grand, plus le système entier doit garder de réserves prêtes à compenser sa perte soudaine.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Ce problème n’est pas propre au nucléaire. De grandes interconnexions et des raccordements éoliens en mer peuvent aussi déterminer la plus grande défaillance, et les batteries peuvent fournir des réserves rapides. Les réacteurs en fonctionnement contribuent également à l’inertie rotationnelle.

    Sources (2)
    1. ENTSO-E, Supporting Document for the Network Code on Load-Frequency Control and Reserves (2013) Les p. 57 et 109–110 du PDF expliquent l’incident de référence de 3,000 MW et son fondement sur deux unités nucléaires de 1,500 MW.
    2. Badesa, Matamala and Strbac, Energy Policy 196 (2025), 114379 L’étude de cas sur la Grande-Bretagne compare une défaillance de Hinkley Point C allant jusqu’à 1,8 GW à 1,32 GW pour Sizewell B.
  5. Critère de décision Eau de refroidissement

    Le refroidissement d’un réacteur exerce une pression sur les cours d’eau et la vie aquatique

    Une étude du NREL a conclu que la conception du refroidissement pouvait compter davantage que le type de combustible. Les systèmes à circuit ouvert prélèvent 10 à 100 fois plus d’eau par unité d’électricité que les systèmes à recirculation, tandis que ces derniers en consomment au moins deux fois plus. Selon l’EPA des États-Unis, les prises d’eau peuvent tuer ou blesser des poissons, des crustacés et leurs œufs.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    La charge de refroidissement d’une centrale thermique se manifeste chaque fois que la centrale fonctionne et reste locale, même lorsque son électricité est bas-carbone.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Le prélèvement n’est pas la consommation : la majeure partie de l’eau d’un circuit ouvert est restituée. L’eau de mer, la recirculation et le refroidissement à sec peuvent réduire certains effets, mais impliquent des coûts, des pertes d’eau et des compromis de performance différents.

    Sources (2)
    1. NREL, A Review of Operational Water Consumption and Withdrawal Factors for Electricity Generating Technologies (2011) Le résumé analytique et les p. 7–14 distinguent le prélèvement d’eau de la consommation et comparent les systèmes de refroidissement.
    2. U.S. EPA, Cooling Water Intakes Explique l’impact et l’entraînement des poissons, des crustacés et des œufs dans les prises d’eau de refroidissement.
  6. Critère de décision Importations

    L’énergie nucléaire ne met pas fin à la dépendance aux importations

    Un réacteur n’a pas besoin d’un gazoduc, mais il lui faut toujours de l’uranium et des services de conversion, d’enrichissement et de fabrication du combustible. En 2025, la Russie a fourni environ 16 % de l’uranium, 24 % des services de conversion et 23 % des services d’enrichissement livrés aux entreprises d’électricité de l’UE.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Un réacteur construit dans le pays n’équivaut pas à un approvisionnement national en combustible.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    L’uranium est compact et facile à stocker, le risque n’est donc pas le même que pour le gaz importé. Fin 2025, les énergéticiens de l’UE détenaient en moyenne des stocks suffisants pour plus de trois rechargements de réacteur. Le Canada était le premier fournisseur d’uranium.

    Sources (2)
    1. Euratom Supply Agency, Market Observatory (2025 data) Origine de l’uranium de l’UE, vulnérabilités concernant la conversion, l’enrichissement et la fabrication du combustible, et stocks des énergéticiens. Consulté le 16 juillet 2026.
    2. IEA, The Path to a New Era for Nuclear Energy (2025) Le résumé analytique traite du financement, du risque de réalisation, de la concentration du cycle du combustible et des scénarios conditionnels relatifs aux SMR.
  7. Critère de décision Extraction d’uranium

    L’extraction de l’uranium laisse des déchets à longue durée de vie

    Selon l’IAEA, les résidus de traitement de l’uranium peuvent conserver jusqu’à 85 % de la radioactivité initiale du minerai et contenir aussi des métaux lourds ainsi que d’autres composés potentiellement nocifs. Une étude groupée de mineurs d’uranium en Amérique du Nord et en Europe a constaté une mortalité accrue par cancer du poumon, avec un excès plus faible parmi les travailleurs embauchés en 1965 ou après.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Le cycle du combustible déplace une partie de la charge environnementale et des risques professionnels pour la santé du nucléaire loin de la centrale.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Une grande partie des données sanitaires reflète des conditions de travail historiques. La ventilation moderne, le suivi des expositions, les installations étanchéifiées et une réglementation plus stricte peuvent réduire sensiblement les risques, mais les résidus exigent toujours un confinement à long terme.

    Sources (2)
    1. IAEA, Occupational Radiation Protection in the Uranium Mining and Processing Industry (2020) La section 6.9, p. 101–102, traite de la radioactivité des résidus, des métaux lourds, des risques chimiques et du confinement à long terme.
    2. Richardson et al., Mortality among uranium miners in North America and Europe, International Journal of Epidemiology (2021) Le résumé et le tableau 3 présentent les profils de mortalité de cohortes regroupées de mineurs d’uranium, notamment l’excès plus faible de cancers du poumon parmi les personnes embauchées plus tard.
  8. Critère de décision Sécurité

    La guerre crée des risques qui persistent pendant des décennies

    La guerre peut endommager les lignes électriques, couper l’alimentation et le refroidissement, entraver la maintenance et soumettre le personnel à une pression extrême. En février 2026, l’IAEA a signalé deux nouvelles pertes totales de l’alimentation électrique externe à Zaporijjia. L’enrichissement et le retraitement soulèvent une préoccupation distincte, car tous deux présentent un risque de prolifération.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Un réacteur et son combustible usé doivent être protégés pendant des décennies, y compris lors de l’arrêt, en période d’instabilité politique et en temps de guerre.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Un réacteur ne peut pas exploser comme une bombe nucléaire, et une attaque ne provoque pas automatiquement une fusion du cœur. L’exploitation civile n’est pas un programme d’armement. Les garanties internationales visent à vérifier l’usage pacifique.

    Sources (3)
    1. IAEA, Nuclear Safety, Security and Safeguards in Ukraine, GOV/2026/7 PDF p. 6, paragraphe 14, consigne deux pertes totales de l’alimentation électrique externe à Zaporijjia les 6 et 13 décembre 2025.
    2. IAEA, Technical Features to Enhance Proliferation Resistance of Nuclear Energy Systems (2010) La section 2, p. 7 de la version imprimée (p. 17 du PDF), explique pourquoi les installations ou technologies d’enrichissement et de retraitement civil présentent un risque de prolifération.
    3. IAEA, Safeguards and Verification Explique comment les garanties internationales vérifient que les matières et les technologies nucléaires restent affectées à des usages pacifiques.
  9. Critère de décision Accidents

    Des accidents rares peuvent perturber des régions entières

    L’UNSCEAR a recensé environ 118 mille personnes évacuées après Fukushima, y compris des personnes évacuées pour des raisons autres que l’urgence nucléaire. L’OMS ne signale ni lésion aiguë due aux rayonnements ni décès attribuable à l’exposition aux rayonnements, tandis que l’évacuation et le déplacement ont entraîné de vastes conséquences sociales, économiques et sanitaires.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Même avec une faible probabilité, l’évacuation, la perte de logements, l’assainissement et les indemnisations peuvent toucher pendant des années des populations bien au-delà de la centrale.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Fukushima ne permet pas d’établir la probabilité d’un accident dans un réacteur moderne ; celle-ci dépend de la conception, du site, de l’exploitation et de la préparation aux situations d’urgence. Les données ne permettent pas d’affirmer qu’il y a eu des décès massifs dus aux rayonnements à Fukushima.

    Sources (2)
    1. UNSCEAR 2013 Report, Volume I, Scientific Annex A L’annexe scientifique A, paragraphe 76, rend compte des évacuations préventives et organisées et explique le total approximatif.
    2. WHO, Health consequences of the Fukushima nuclear accident (2016) La section sur la santé publique distingue les effets des rayonnements des conséquences sociales et sanitaires de l’évacuation et du déplacement.
  10. Critère de décision Responsabilité

    La police d’assurance ne couvre pas la totalité du risque d’accident

    La convention de Paris révisée fixe la responsabilité de l’exploitant à un minimum de 700 millions d’euros. Dans le système de Bruxelles, des fonds publics complètent les indemnisations disponibles pour atteindre au moins 1,5 milliard d’euros. Les règles allemandes en vigueur imposent une garantie financière pouvant atteindre 2,5 milliards d’euros.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Le montant garanti à l’avance n’est pas égal aux pertes financières que pourrait provoquer un accident régional grave ; l’État et la société conservent une partie du risque.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Les règles nationales varient, et 700 millions d’euros constituent un minimum, non un maximum universel. La responsabilité objective et canalisée permet aux demandeurs de se tourner vers un seul exploitant responsable, et les États peuvent exiger une couverture supérieure.

    Sources (2)
    1. OECD/NEA, New treaties to strengthen rights of people affected by nuclear accidents (2022) Explique le minimum de 700 millions d’euros à la charge de l’exploitant et les tranches publiques qui portent l’indemnisation disponible à au moins 1,5 milliard d’euros.
    2. German Federal Ministry of Justice, Section 9 of the Nuclear Financial Security Ordinance Le § 9 fixe pour les réacteurs une garantie financière obligatoire pouvant atteindre 2,5 milliards d’euros.
  11. Critère de décision Déchets et démantèlement

    Les déchets et le démantèlement survivent au réacteur

    En 2024, l’IAEA indiquait qu’aucun centre de stockage géologique pour déchets de haute activité ou combustible usé n’était en exploitation. En mars 2026, les installations de Posiva à Olkiluoto, en Finlande, faisaient toujours l’objet d’un examen en vue de l’autorisation d’exploitation.

    Pour trois programmes de démantèlement de l’UE portant sur d’anciens réacteurs arrêtés prématurément, la Cour des comptes européenne a constaté que les estimations de coûts avaient augmenté de 40 %, passant de 4,1 milliards d’euros en 2010 à 5,7 milliards en 2015, ce qui laissait un déficit de financement de 1,7 milliard avant même le stockage définitif.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Un nouveau réacteur crée des obligations qui persistent après qu’il cesse de rapporter, de sorte que les fonds et les institutions doivent rester suffisants pendant des décennies.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Les connaissances scientifiques étayent le stockage géologique profond, et des fonds bien conçus peuvent internaliser les coûts futurs. Les réacteurs audités étaient des projets hérités atypiques, et non une prévision pour toutes les centrales modernes. Les centres de stockage doivent encore être autorisés, construits et exploités.

    Sources (4)
    1. IAEA, Roadmap for Implementing a Geological Disposal Programme (2024) La section 1.1, p. 2 de la version imprimée (p. 12 du PDF), indique qu’aucun centre de stockage géologique pour déchets de haute activité, y compris le combustible usé, n’était en exploitation lors de la publication.
    2. STUK, Finland’s national-report questions and answers (2026) L’article 19, référence 125 (p. 4 du PDF), indique que les installations de Posiva à Olkiluoto faisaient l’objet d’un examen en vue de l’autorisation d’exploitation.
    3. U.S. NRC, Backgrounder on Radioactive Waste Définit le combustible usé des réacteurs et les déchets radioactifs de haute activité, et décrit leur gestion actuelle.
    4. European Court of Auditors, EU nuclear decommissioning assistance programmes (2016) Les paragraphes 72–85 et 113–115 consignent les estimations de coûts révisées et le déficit de financement, hors stockage définitif.
  12. Critère de décision Petits réacteurs

    Les SMR n’ont pas fait leurs preuves à grande échelle

    Des SMR sont déjà exploités en Russie et en Chine. Ce qui manque, c’est un bilan de déploiements en série à des prix compétitifs. Les économies annoncées reposent sur des conceptions standardisées, une production en usine et un carnet de commandes fourni, tandis que les réacteurs plus petits perdent une partie des économies d’échelle.

    Pourquoi cela compte pour les nouvelles constructions

    Les pouvoirs publics devraient juger les SMR sur des projets achevés, et non sur des économies qui dépendent encore d’une production de masse et de futures baisses de coûts.

    Ce qu’il faut garder à l’esprit

    Les projets de plus petite taille pourraient être plus faciles à financer et trouver des applications utiles. Les scénarios les plus ambitieux de l’IEA supposent un soutien public, des procédures réglementaires plus rapides, une mise en œuvre réussie et d’importantes baisses de coûts.

    Sources (3)
    1. IPCC AR6 WGIII, Chapter 6: Energy Systems La section 6.4.2.4 traite des durées de construction, des dépassements de projet, de l’investissement initial et des contre-exemples régionaux.
    2. IAEA Expands Global Initiative to Boost Knowledge of Small Modular Reactors (4 August 2025) Rend compte des évolutions mondiales concernant les SMR, notamment des unités en exploitation en Chine et en Russie.
    3. IEA, The Path to a New Era for Nuclear Energy (2025) Le résumé analytique traite du financement, du risque de réalisation, de la concentration du cycle du combustible et des scénarios conditionnels relatifs aux SMR.

Notre méthode de travail

Nous estimons que l’Europe ne devrait pas faire des nouveaux réacteurs une priorité climatique. Nous reconnaissons que l’énergie nucléaire émet peu de carbone sur l’ensemble de son cycle de vie et qu’il peut être pertinent de maintenir certaines centrales existantes en service. Chaque argument renvoie à ses sources, précise où et quand il s’applique et expose notre conclusion. Nous présentons aussi les faits qui vont à l’encontre de notre position. Si une source est erronée ou obsolète, merci de nous le signaler.